C’est une relique, née en 1900 avec la première rame de la ligne 1. Le ticket de métro en carton a été magnétisé en 1973, et s’est imprimé à près d’un milliard d’exemplaires par an au milieu du XXᵉ siècle. Même à l’aube de la dématérialisation, en 2018, les automates franciliens en produisaient environ 550 millions à l’année. Cette fois, c’est la fin, et pour de bon.
Vous n’avez que jusqu’au 15 décembre
Île-de-France Mobilités et la RATP l’avaient annoncé fin août, le délai vient à nouveau d’être confirmé : à compter du 15 décembre 2026, le ticket physique ne sera plus accepté dans le métro, ni sur le réseau train et RER. C’est déjà le cas dans les bus et les tramways depuis le printemps. La commercialisation du précieux sésame en carton s’était arrêtée en novembre 2025, après deux ans de retrait progressif. L’annonce n’a donc rien d’une surprise.
Pas de remboursement, et cinq tickets par jour maximum
Si vous n’avez pas encore écoulé vos anciens stocks, c’est le moment de vous dépêcher : conformément à ses conditions générales de vente, aucun remboursement n’est prévu. Les carnets oubliés dans un tiroir ne pourront ni être utilisés, ni être remboursés. La seule solution sera de les échanger dans un guichet RATP ou SNCF avant le 14 janvier 2027, avec un passe Navigo Easy acheté au préalable. Il sera alors possible de convertir vos tickets en version numérique, mais l’opération sera limitée à cinq tickets par jour et par personne.
La fin de l’anonymat sur le réseau ?
C’est le reproche qui revient chez les nostalgiques du ticket cartonné. Les nouveaux pass dématérialisés, et notamment le Liberté+, figure de proue de la région, ne fonctionnent que sur pass Navigo ou sur smartphone, exigeant de facto une souscription nominative et un prélèvement bancaire. L’anonymat survit via le Navigo Easy rechargeable, mais au plein tarif.
Reste que les arguments en faveur du tout-dématérialisé sont nombreux. En plus de profiter d’un tarif plus avantageux et d’un meilleur suivi de la fréquentation sur les lignes, les pass évitent aussi la multiplication de supports jetables et polluants. Il faudra toutefois prendre le temps de jouer les pédagogues auprès de celles et ceux qui ne sont pas habitués à faire leurs démarches en ligne.
Pour le reste, la suite du programme est déjà écrite. Île-de-France Mobilités travaille à l’intégration des titres directement dans Google Wallet, sans passer par une application dédiée, et lorgne l’open payment, qui permet de valider avec une simple carte bancaire, et qui est déjà en place à Londres ou à Lyon. Le chantier suppose toutefois de remplacer l’intégralité du parc de valideurs.